Naomi Harris : la photographe qui documente l’Amérique comme un touriste un peu trop curieux 📸

Une photographe remplie d’humour

Si vous pensez que faire des photos intéressantes consiste à traquer des couchers de soleil roses avec un filtre vintage, détrompez-vous : Naomi Harris, elle, traque des clubs de swingers, des cow-boys suédois et des villages hollandais… en Amérique. Oui, vous avez bien lu. Et elle le fait avec le sérieux d’un chercheur et l’œil d’un humoriste sous caféine.

Une Canadienne pas tout à fait comme les autres 🇨🇦

Née à Toronto en 1973, Naomi Harris a décidé très tôt que les clichés beaux mais convenus, très peu pour elle. Après une solide formation au Centre international de la photographie à New York, elle a choisi de se faufiler là où beaucoup n’oseraient même pas lever l’appareil : parmi ceux qui redéfinissent l’Amérique à leur façon… et parfois sans chemise.

Son projet America Swings est probablement l’un des titres les plus politiquement incorrects jamais publiés par un grand éditeur (TASCHEN, s’il vous plaît). Pendant cinq ans, elle a photographié plus de 38 fêtes de… non identifié… laissant ses sujets être à la fois modèles, performeurs et narrateurs de leurs propres aventures socioculturelles.

Et si vous pensiez que cette série s’arrête à une description vaguement anthropologique, détrompez-vous : les images sont aussi célèbres pour avoir attiré l’attention du collectif artistique autour de Richard Prince, qui a interviewé Harris pour ce livre devenu objet culte.

EUSA : quand l’Europe regarde l’Amérique et quand l’Amérique regarde l’Europe dans un miroir déformant

Après avoir exploré les dessous lubriques de la culture américaine, Naomi s’est dit : « Et si je partais à la recherche des Amériques… en Europe ? »
C’est ainsi qu’est né EUSA, un projet délicieux dans son absurdité : elle traverse le continent à la recherche de villages ou d’événements qui célèbrent l’Amérique avec un enthousiasme parfois digne d’un carnaval permanent. Cowboy park en Suède, festivals rockabilly en Hongrie, reconstitutions de la guerre civile dans… la République tchèque ? Oui, merci.

Et le plus drôle dans tout ça ? Ces scènes qui pourraient être montées de toutes pièces sont réelles, photographiées avec cette touche légèrement pop et irrévérencieuse qui fait que l’on rit avant de réfléchir, et réfléchit avant d’acheter un tirage d’art.

Haddon Hall : les derniers jours d’un palace pour retraités (version chaude-café et cool) ☀️

Avant tout ce cirque culturel transatlantique, Naomi avait déjà montré qu’elle n’avait pas peur des sujets humains délicats mais cette fois sans plumes ni stroboscopes. Dans Haddon Hall, elle a vécu parmi les derniers résidents d’un hôtel de South Beach, en Floride, capturant avec une tendresse non feinte leurs routines, leurs amitiés et leur dignité dans un lieu prêt à disparaître.

Ce travail a valu à Harris plusieurs reconnaissances importantes (dont des distinctions à Kassel, excusez du peu), et une place dans les collections de bibliothèques prestigieuses à travers le monde.

Une artiste en mouvement, littéralement et métaphoriquement

Naomi Harris ne se contente pas de voyager avec des tickets d’avion et des sandales : elle a parfois vécu dans sa voiture avec son chien Maggie pour suivre ses projets photographiques à travers le continent, transformant sa vie en un roadtrip artistique presque métaphysique.

Que ce soit pour comprendre comment la culture mondiale s’homogénéise ou pour documenter l’essence même de communautés improbables, Harris a toujours une longueur d’avance (ou une plaisanterie dans l’objectif).

Pourquoi on en parle encore ? 🤔

Parce qu’au fond, Naomi Harris a trouvé cette formule magique qui manque à tant d’artistes : l’art plus l’humour plus l’audace = nous, spectateurs, intrigués, amusés, parfois choqués, toujours captivés.
C’est aussi pour cela que ses livres et tirages continuent d’être discutés, exposés et collectionnés bien après leur publication.

👉 En résumé : si la photographie d’art devait être une comédie dramatique haletante, Naomi Harris en serait la réalisatrice, la scénariste et parfois la star involontaire. Un peu comme David Lynch, mais avec un road-trip plutôt qu’un café noir.

« I’d say that my photographs are really a collaboration between myself and my subject… my subject is well aware of my presence and my intention of why I am photographing them. Hopefully we both walk away enriched from this experience. »

Naomi Harris

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